Les Femmes Celtes

Souveraines de leurs vies

La liberté et les droits des femmes celtes dépassaient largement leurs consoeurs contemporaines des autres peuples, voir même certaines femmes dans certains pays de notre époque ! Le philosophe et historien grecque Plutarque, racontaient dans ses écrits que les femmes celtes occupaient des postes comme juges et médiatrices, qu'il s'agissait d'affaires politiques ou militaires, chose inconcevable pour les Romains et les Grecs de l'époque.

La femme celte pouvait également posséder des terres et hériter de territoires. Les mariages étaient comme des "partenariat", contrairement à la loi romaine, où les femmes étaient considérées comme la propriété de leurs maris et dépendaient totalement de lui. La femme celte avait le droit de divorcer, notamment si par exemple son époux ne la nourrissait pas assez ou même, chose étonnante, si elle n'étaient pas sexuellement satisfaite de ce dernier. Elle pouvait même réclamer le remboursement de la dote si le divorce était prononcé. D'autres raisons qui donnait le droit à la femme de divorcer était si son mari la battait ou s'il la trompait. Le mariage était, selon l'historien Jean Markale, essentiellement une affaire contractuelle et sociale plus qu'une affaire religieuse, basée sur le respect de la liberté des époux.

Des adversaires redoutables

Pour ce qui est de la guerre, selon Tacitus, un philosophe de la Rome antique, il n'y avait aucune loi qui excluait les femmes du trône royal et du commandant des armées. La reine Boadicée de la tribu Iceni est la guerrière celte la plus connue ayant commandé une vaste armée. Mais ce n'est pas le seul exemple, il y avait aussi Onomaris, une cheffe des celtes de Galatie, qui est connue pour avoir mené une guerre contre les Illyriens.

 

Dans la mythologie celtique on retrouve également des figures guerrières féminines comme la reine Maeve de Connacht, Macha Mong Ruad et Scàthach, qui fut celle qui entraîna le célèbre héro Cúchulainn.

 

Nombreuses sont les références historiques qui prouvent à quel point les femmes pouvaient être féroces sur les champs de bataille. C'est assez drôle, voir même un peu triste qu'aujourd'hui, l'on juge les femmes trop faibles ou trop sensibles pour intégrer les armées, car à l'époque des celtes, les guerriers ennemis avaient plus peur des femmes guerrières que leur alter-ego masculins ! Ammianus Marcellinus, un historien du 4ème siècle, écrivit le texte suivant : "Une bande de guerriers lambda ne pourrait rivaliser face à un celte, si ce dernier appelle sa femme, qui de loin le surpasse en force et qui, en un clin d’œil, ferait pleuvoir, avec ces bras colossaux, une myriade de coups de poings sur ces misérables, des coups de poings tellement puissants qu'ils croiraient se faire attaquer par des tirs de catapultes."

Selon une ancienne loi Irlandaise, les femmes qui héritaient de terres avaient le devoir de participer au service militaire ou d'y engager un parent à sa place. Détenir des terres signifiaient également les protéger, peut importe si l'on était un homme ou une femme. Si la personne refusait d'obéir à la loi, cette dernière se voyait contrainte de céder la moitié de son patrimoine. Dans la région de Tara, au cœur de l'Irlande, une colline rend hommage aux femmes tombées au combat. Elle s'appelle "Cnoc na mBan-Laoch" (La colline des Héroïnes). Ce n'est qu'en l'an 672, qu'un dénommé Saint Adamnan écrivit le "Cain Adamnain" ou "Lex Innocentium" destinée à assurer la protection en cas de conflits, des femmes des enfants et des gens d'Église. Il obtint l'autorisation de la mise en pratique de ce texte par 40 évêques ou abbés irlandais et 51 rois provinciaux ou tribaux d'Irlande et d'Écosse. Ceci faisant, les femmes furent définitivement écartées des activités militaires en l'an 697.

En conclusion

Ainsi, Morrigan est le reflet de l'attitude respectueuse et positive que les Celtes avaient vis-à-vis de leurs femmes. Elle reflète l'idéal de la femme Celte, pleine de puissance, de pouvoir et de sensualité. Elle est autant belle que féroce, pouvant être une partenaire sexuelle au lit autant qu'une puissante alliée sur le champ-de-bataille. 

sources: "Celtic Lore and Spellcraft of the Dark Godess", Stephanie Woodfield | Women of the Celts", Jean Markale | Celtic Women", Ellis | Ibid | Wikipédia